On ne peut presque qu'admirer l'hédonisme qu'il faut pour regarder The Last of Us Remastered, toujours visuellement impressionnant huit ans plus tard, et se dire : « Oui, c'est plutôt beau, mais on peut faire mieux. » Il ne reste pas grand-chose à dire du The Last of Us original, un puissant cocktail post-apocalyptique d'infiltration, de survie et de massacre, vénéré pour sa narration obsédante dans un monde incroyablement bien construit. Vous le saviez presque certainement. Il est largement salué comme l'un des meilleurs jeux de tous les temps et l'un des rares à avoir obtenu un 10 chez IGN, mais je parie que vous le saviez aussi. En fait, c'est un jeu si bon qu'on l'a fait trois fois, et c'est là que nous en sommes avec The Last of Us Part I, désormais la troisième version du chef-d'œuvre de Naughty Dog de 2013 à sortir en moins de dix ans.
Historiquement, les campagnes solo de Splatoon se sont attachées à vous acclimater aux eaux bien plus agitées et tumultueuses de ses modes de combat multijoueur. La campagne de Splatoon 3, baptisée Le retour des Mammaliens, s'ouvre en terrain si familier que j'ai d'abord craint de passer les heures suivantes à m'échiner sur des tutoriels consacrés à des bases apprises deux jeux plus tôt. Heureusement, le tapis m'a vite été tiré sous les pieds, laissant place à une toute nouvelle approche du monde central de la série, mêlée à certaines des meilleures idées de l'Octo Expansion de Splatoon 2. Splatoon 3 m'a audacieusement laissé décider de tracer ou non mon propre chemin vers ses 70 missions courtes et inventives, et choisir où aller ensuite en explorant son monde envahi de limon duveteux. Beaucoup des ennemis que j'y ai trouvés n'avaient pas changé depuis les précédents Splatoon, mais j'ai pris beaucoup de plaisir à enchaîner la grande variété d'objectifs jusqu'au final explosif et très satisfaisant de la campagne.
Tel un enfant surexcité par le sucre qui s'attaque au fond de son sac de friandises d'Halloween, A Plague Tale: Requiem est persuadé que ce qui faisait la grandeur du premier jeu sera encore plus délectable en quantités délirantes. Vous aimiez les nuées de rats gigantesques ? Eh bien, multiplions-les par 1 000 ! Vous avez apprécié un voyage macabre et éprouvant qui mettait à l'épreuve les limites de votre résilience émotionnelle ? Parfait, augmentons vos souffrances de 200 % ! Cette suite de l'un de mes jeux d'action-aventure préférés de la génération de consoles précédente pousse tous les curseurs à 11 ou presque, et tire très largement profit de cette surenchère, même si elle force parfois un peu sur le nihilisme. Avec des mécaniques d'infiltration et d'action améliorées, une histoire fantastique (et profondément déprimante) et des graphismes qui m'ont laissé bouche bée, A Plague Tale: Requiem est une métamorphose impressionnante qui vaut largement les horreurs immenses qu'elle m'a fait subir.
Quand un jeu tient une bonne idée, certains développeurs se contentent de jouer la sécurité pour la suite, en apportant quelques améliorations mais en s'en tenant pour l'essentiel à ce qui a fonctionné la première fois. C'est tout à fait compréhensible. Mais Mario + Rabbids: Sparks of Hope n'est pas ce genre de suite ; même si Mario + Rabbids: Kingdom Battle nous avait tous surpris avec sa tactique intelligente à la XCOM habillée aux couleurs de Nintendo, cette suite en conserve les meilleures idées tout en se réinventant au point de paraître immédiatement très différente. Elle est plus grande et meilleure à presque tous les égards, avec des combats plus libres et plus personnalisables et un monde à explorer presque entièrement repensé, bien moins linéaire et truffé d'énigmes. L'histoire part dans tous les sens et la Switch ne suit pas toujours sans accroc, mais c'est un jeu fantastique, qui peut se jouer comme une agréable promenade de santé ou comme un défi tactique profond et exigeant, tout en conservant son humour loufoque.
L'aventure reprend dans le Royaume Champignon après l'invasion des Lapins Crétins, et les choses deviennent aussitôt encore plus étranges lorsqu'une raie manta géante venue de l'espace débarque pour semer le trouble. L'histoire est d'ailleurs l'un des rares faux pas de Sparks of Hope : le mélange transdimensionnel des personnages de Mario et des Lapins Crétins farfelus de l'original est complètement absurde, mais il a sa propre logique. Cette fois, en revanche, l'ennemie, sans aucun lien, répand partout ce qui est en fait la boue corrompue à globes oculaires de Ganon tirée de Breath of the Wild, et la plupart de ses sbires, mais pas tous, sont aussi des Lapins Crétins, allez savoir pourquoi ? Et on a aussi un vaisseau spatial pour voyager entre de véritables mondes ? À côté, Kingdom Battle paraît ancré dans la réalité, ce que je n'aurais jamais pensé dire de ce jeu. Je ne m'attendais pas à un lore profond, mais c'est un peu le bazar. L'histoire a tout de même régulièrement de très bonnes blagues, donc au moins je riais tout en me grattant la tête.