J'ai encore du mal à croire qu'après 26 ans de RPG linéaires et sans détour, le développeur Game Freak ait vraiment regardé les joueurs de Pokémon droit dans les yeux pour leur dire : « Pas de souci, allez où vous voulez. » À l'approche de la sortie de Pokémon Écarlate et Violet, je pensais que cette promesse finirait par n'être qu'un argument marketing, une petite blague, quelque chose qui nous mettrait tous en colère plus tard. Mais dès l'instant où j'ai quitté les couloirs sacrés de l'Académie Orange, cette promesse a été merveilleusement tenue, avec un gameplay en monde ouvert et à l'approche libre qui brille comme un phare pour l'avenir de cette franchise adorée. Et pourtant, un doigt de la patte maudite de Férosinge s'est tout de même replié : le design merveilleusement novateur d'Écarlate et Violet est considérablement sapé par les nombreux aspects qui les font paraître profondément inachevés, avec des problèmes allant d'un monde incomplet à des soucis techniques massifs et omniprésents. Alors, même si j'ai envie de célébrer la façon dont cette génération réinvente et revigore l'univers Pokémon, je ne peux pas le faire sans y apposer une grande étiquette d'avertissement.
2022 a été une année chargée, entre chouchous indépendants (Immortality), superproductions (God of War Ragnarok) et succès surprises plus modestes (Marvel Snap) : il n'est donc pas étonnant qu'un jeu ou deux vous aient échappé. Mais la sortie la plus facile à rater est peut-être celle de Need for Speed Unbound fin novembre, dernier épisode de la série de courses de rue au long cours d'EA. Avec Criterion Games (célèbre pour Burnout) aux commandes, Unbound avait le potentiel pour être l'un des meilleurs jeux de course de l'année, ou pour marquer un retour en forme de la série après quelques faux pas. Mais malgré son esthétique soignée et son jeu multiplateforme avec la PlayStation 5 et les Xbox Series X/S, ce jeu PC à 69,99 dollars manque d'une conduite satisfaisante et d'un monde de jeu vivant.
L'une des choses que je préfère quand je regarde des super-héros s'affronter, c'est quand quelqu'un est frappé si fort qu'il s'envole en arrière et traverse des murs, fait exploser des camions-citernes ou percute ses amis. C'est une formidable démonstration de la force censée animer ces personnages quasi divins, et c'est toujours une déception quand un jeu de super-héros ne parvient pas tout à fait à restituer cette sensation. Avec Marvel's Midnight Suns, en revanche, Firaxis a bâti un système de combat tactique au tour par tour riche et innovant autour du plaisir de voir Iron Man, Dr Strange, Blade et d'autres envoyer valser les ennemis comme des jouets qu'ils cherchent à casser, et ce plaisir ne s'est pas émoussé au cours des quelque 75 heures de sa campagne RPG étonnamment vaste. Une grande partie de ce temps ne se passe cependant pas en combat, et s'il est certes séduisant de côtoyer de près cette distribution de plus d'une douzaine de héros Marvel, célèbres ou moins connus, le jeu en fait un peu trop pour convaincre les plus puissants héros de la Terre de devenir tous vos meilleurs amis.
Un véritable remake sortira peut-être de la tombe l'an prochain, mais le cadavre pourrissant de Dead Space revient déjà en titubant à la vie sous la forme de The Callisto Protocol. Ce successeur spirituel de la série de survival horror de science-fiction recrée les couloirs obsédants maculés de sang et les massacres de zombies spatiaux qui ont fait la marque de l'USG Ishimura en 2008, et rend le gore plus saisissant que jamais grâce à des giclées de sang et de tripes d'un détail frappant. Malheureusement, si le démembrement de mutants n'a jamais été aussi réaliste, les défauts de The Callisto Protocol apparaissent tout aussi clairement. Quelques agacements de maniabilité, des combats déséquilibrés et un manque général d'innovation donnent un carnage d'environ huit heures délicieusement sanglant, mais jamais tout à fait à la hauteur de la série qui l'a inspiré.
Suites très attendues, remakes ambitieux et même quelques projets originaux prometteurs : voici les 15 jeux auxquels nous avons le plus hâte de jouer cette année.
Grâce à d'excellents jeux comme Stray, Tunic et Bayonetta 3, 2022 a donné bien des raisons aux joueurs de garder leurs manettes chargées à bloc. Et c'est sans compter que ces titres exceptionnels ont été pris en sandwich entre deux véritables bombes, Elden Ring et God of War Ragnarok.
Peu importent les innombrables nécromorphes, les torses torturés qui jaillissent des murs ou le terrifiant sphincter spatial géant : ce que je redoutais le plus en abordant le remake de Dead Space, c'était qu'il ne soit pas à la hauteur de mes bons souvenirs de l'original de 2008, fantastiquement horrifique. Après un peu plus de 12 heures passées à arpenter l'USG Ishimura remis à neuf, je suis heureux d'annoncer que, parmi toutes les choses légitimement effrayantes de cette épave spatiale hantée, celle-là n'en faisait pas partie. Ce nouveau Dead Space améliore l'original à presque tous les égards : il se sert d'un Plasma Cutter pour laisser ses appendices les plus disgracieux sur le sol de la salle de montage, tout en préservant l'essence de ce qui rendait si spécial son gunplay centré sur le démembrement, et en greffant de nouveaux détails bienvenus sur les personnages afin de présenter son inquiétante histoire d'horreur de science-fiction sous son meilleur jour, et dans ses ombres les plus intimidantes.
Comme beaucoup, j'attends un jeu Harry Potter vraiment excellent depuis que je suis en CE2. Entre-temps, nous avons eu quelques honorables jeux LEGO Potter, un jeu de Quidditch décevant chez EA Sports allez savoir pourquoi, et nous avons même enduré le cauchemar fiévreux qu'est Harry Potter Kinect. Mais aucun n'a approché le fantasme de recevoir une lettre d'admission à Poudlard ouvrant les portes d'un monde secret. Avec Hogwarts Legacy, je suis heureux de dire que nous avons enfin un jeu Harry Potter qui capture une partie de cette magie. Sa carte en monde ouvert restitue à merveille l'ambiance de l'École de sorcellerie de Poudlard, ses combats à coups de sorts sont d'une qualité stupéfiante, les personnages qui l'habitent sont charmants et inoubliables, et il déborde d'innombrables activités capables de vous absorber des dizaines d'heures. Ce n'est peut-être pas la plus impressionnante des prouesses techniques et il souffre assurément d'un manque de variété d'ennemis, mais aucun des défauts de Hogwarts Legacy ne parvient à lancer un sortilège Descendo sur cette visite triomphale du Monde des sorciers.
#NEWS Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba -To the Swordsmith Village- World Tour coming in 2023 with premiere event in Los Angeles on February 18th and theatrical release in the U.S. and Canada on March 3rd! #DemonSlayerWorldTour pic.twitter.com/HaEzD7Ypsh
— Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba (English) (@DemonSlayerUSA) December 10, 2022
Hivemapper s'est appuyé sur des chauffeurs de VTC, des livreurs et des routiers équipés de caméras embarquées pour collecter 1 million de kilomètres uniques de données cartographiques récentes.
Hivemapper, la start-up qui installe des caméras embarquées sur des véhicules de VTC et de livraison pour cartographier le monde, se rapproche un peu de son objectif : renverser l'empire de la cartographie B2B bâti par Google.
Avec seulement 2 % des routes du monde cartographiées, Hivemapper reste largement l'outsider dans ce combat. Mais Gabe Nelson, responsable des opérations de Hivemapper, estime que la start-up atteint un point d'inflexion qui débouchera sur une croissance exponentielle.
Hivemapper a annoncé jeudi avoir collecté plus de 1 million de kilomètres (environ 620 000 miles) d'images uniques au niveau de la rue. Comparé aux 60 millions de kilomètres de Google, c'est une goutte d'eau. Mais Hivemapper a collecté ces données au cours des trois derniers mois. Il a fallu à Google de 2007 à 2019 pour collecter 16,1 millions de kilomètres de données routières uniques.
La start-up vise désormais à cartographier 10 millions de kilomètres de routes uniques d'ici le début de l'an prochain.
Hivemapper s'appuie sur des contributeurs individuels du monde entier pour collecter ses données de type Street View, plutôt que de dépenser des millions de dollars pour mettre sur la route des véhicules de cartographie dédiés. Ses caméras embarquées sont équipées d'un capteur d'image de haute qualité et d'un GPS précis, et coûtent 549 dollars. Selon l'entreprise, cartographier avec des caméras embarquées permet de rafraîchir ses données en continu, alors qu'une grande partie des images Street View de Google, en particulier hors des centres urbains, date de plus de dix ans.
Après les remakes de grande qualité de Resident Evil 2 et 3 sortis en 2019 et 2020, on pouvait parier sans risque que Capcom ferait un travail tout aussi remarquable en reconstruisant Resident Evil 4. Pourtant, quand j'ai appuyé sur le bouton start de ce remake 2023 du légendaire jeu d'action-horreur de 2005, je n'étais pas préparé à la violence avec laquelle il allait me couper les jambes et m'envoyer tête la première dans 16 heures de tension et d'exaltation continues. Cette campagne entièrement revitalisée surpasse spectaculairement l'original sur presque tous les plans imaginables. Son décor de campagne espagnole est nettement plus sinistre, son rythme a été resserré au point qu'on ne perd pratiquement pas une minute, et ses contrôles ont été modernisés pour que ses mécaniques de tir dynamiques si caractéristiques brillent vraiment. J'attendais depuis 18 ans un jeu capable de me procurer les mêmes frissons que Resident Evil 4 ; en fait, tout ce temps, j'attendais simplement un autre Resident Evil 4.